Archives de catégorie : Economie sociale et solidaire

Des documents concernant l’économie sociale et solidaire en France et à l’étranger.

Réseau collaboratif AMACCA

Les Associations pour le Maintien des Alternatives en matière de Culture et de Création Artistique transforment les citoyens en « spect’acteurs ».

La Culture par la collaboration

Olivier Lanoë, qui a lancé le concept d’AMACCA en 2007, a souhaité revoir par son action le lien entre producteurs et consommateurs dans une logique qui dépasse largement l’échange marchand. Ces associations mettent les citoyens au cœur d’un projet culturel dont ils sont les acteurs. Mieux : elles leur permet de sortir de leur rôle de simple consommateur et de s’emparer des projets culturels. Ils deviennent ainsi des « spect’acteurs », à travers un dispositif de développement local participatif. Ce faisant, elles militent pour une culture non marchande, une réappropriation de ce bien commun.

Article AMACCALa Structuration du réseau

En 2009 naît l’AMACCA des Culticulteurs La Ciotat qui a déjà à son actif plusieurs événements : théâtre de rue, concerts de jazz, de rock alternatif… L’AMACCA du Gapeau a organisé en mai 2014 sa première manifestation culturelle, avec, entre autres, plusieurs concerts. Ce projet, qui n’en est qu’à ses débuts, est en pleine évolution. Tout le réseau est en train de s’étendre sur tout le territoire français. Après s’être dotées d’une charte, les structures se présentent comme un dispositif de développement local qui permet aux habitants de s’emparer des politiques culturelles grâce à un modèle économique innovant qui met en avant la contribution et la responsabilité de tous pour faire de la culture un bien commun démarchandisé. Il crée un espace citoyen inédit, participatif démocratique, qui respecte la diversité des territoires et de leurs habitants.

Un outil qui permet de diminuer sensiblement le montant des contributions des adhérents, permettant la participation de tous au projet.

Le micro-mécénat

Pour réaliser ses objectifs, le réseau a mis en place un système de micro-mécénat basé sur les valeurs de l’Économie sociale et solidaire. Ce mode de financement s’appuie sur la « loi Aillagon » relative au mécénat, qui permet à un contribuable de bénéficier d’une réduction d’impôts de 66% sur les dons qu’il a consentis aux organismes culturels dits d’intérêt général.

En résumé : si une personne fait un don à une AMACCA, il utilise une partie de son impôt pour financer de la Culture. Le principe est donc de transformer un transformer un instrument financier lourd (la cotisation des adhérents) en instrument citoyen.

Citoyen est bien le mot adéquate pour ce réseau collaboratif d’envergure qui repose sur 3 principes :

L’innovation démocratique : création d’un espace politique, local et citoyen, un espace d’initiation pour y développer d’authentiques pratiques culturelles indépendantes et vertueuses, participatives et délibératives.
L’innovation économique à travers un usage éthique du mécénat et du micro mécénat encadré par une charte éthique et une charte de fonctionnement.
L’initiative locale et unique inscrite dans un réseau national.

Pour en savoir plus rendez-vous sur http://reseauculture21.fr/amacca/

L’économie sociale et solidaire en vidéos

Replacer l’économie là où elle doit être

L’économie sociale et solidaire au service des gens

Voici deux petites vidéos qui expliquent les principes simples de l’économie sociale et solidaire, réalisées par le Centre de la Francophonie des Amériques.

La première concerne les liens étroits et trop souvent mis en opposition de l’économie et du social. Elle met en avant le fait que l’économie sociale et solidaire recherche surtout l’amélioration de la qualité de vie d’une communauté a contrario de l’économie traditionnelle qui ne court qu’après le profit. Elle revient sur les 3 principes qui constituent une entreprise de l’ESS : la rentabilité économique, la gestion démocratique et une mission répondant aux besoins d’une communauté.

La seconde explicite le propos de la première avec des exemples, y compris dans le domaine des Arts et de la Culture, que tous peuvent comprendre…

Il s’agit de démontrer que les initiatives collaboratives, reposant sur l’économie sociale, sont des entreprises économiquement viables qui contribuent à la cohésion sociale. Elles ont un impact sur la dignité humaine et la qualité de vie des communautés.

Conclusion du Centre de la Francophonie des Amériques

Aujourd’hui concevoir l’économie sous des valeurs collaboratives et solidaires est non seulement possible, mais aussi rentable.  L’économie sociale et solidaire permet de concilier la rentabilité économique avec l’innovation, le tout dans un esprit de cohésion social. Se pencher sur cette alternative économique, c’est du même coup se diriger vers un avenir prometteur qui a déjà fait ses preuves. S’investir dans l’économie sociale, c’est créer de la richesse pour tous.  De la même manière que la coopération est propice aux échanges économiques à l’échelle internationale, elle l’est tout aussi valable au niveau nationale, régionale voire locale.

ESS et finances

Un autre Guide pratique de l’ESS à lire absolument

Finances éthiques pour projets solidaires

Voilà la titre du second guide pratique de l’APEAS de la Région PACA. Dans ce dernier, vous trouverez une piste pour agir autrement dans une démarche de citoyenneté économique qui repose entièrement sur le développement d’une économie de proximité et de solidarité.

Pour les partenaires de l’ESS, il faut inclure l’ensemble des acteurs autour d’un projet commun, qu’il s’agisse des financeurs, des usagers ou des fournisseurs. Nous reproduisons ici le schéma de circulation présent dans le guide :

schéma de circulation de l'ESSLe Guide fait le point

Dans les pages de la publication, vous pourrez trouver des définitions d’une partie des acteurs financiers de l’économie sociale et solidaire comme :

Label Finansol : Fédération des acteurs de la finance solidaire qui attribut donc un label aux produits d’épargne solidaire sur les critères de la solidarité, de la transparence et de l’information.

Cigales : Club d’Investisseurs pour une gestion Alternative et Locale de l’Épargne Solidaires qui aide au développement de petites entreprises locales et collectives. Un groupe de personnes s’associent et constituent une cagnotte pour investir dans des projets de proximité ayant une plus-value sociale et/ou environnementale.

La Nef : Société coopérative de Finances Solidaires qui a une double activité de collecte d’épargne et d’octroi de crédit dans le cadre d’un agrément de la Banque de France. Cette épargne, des particuliers, des associations et des entreprises, bref toute personne physique ou morale peut ouvrir un compte. Ces financements permettent de soutenir la création et le développement d’activités professionnelles et associatives à des fins d’utilité sociale et environnementale.

Le Guide fournit également une liste des fondations, des précisions sur les organismes de solidarité à l’échelle internationale. Il s’achève sur l’expérience de Babyloan.org qui propose aux internautes un service de prêt solidaire. Cet exemple montre encore une fois la place grandissantes de NTIC. Comme l’APEAS le soulignent, « elles constituent un moyen de contact avec le public et les adhérents, un moyen de participation à l’espace public et un outil de diffusion de l’information et des valeurs de l’économie sociale et solidaire. »

Couverture guide finances éthiques (APEAS)Téléchargez le Guide

Guide pratique – économie sociale et solidaire

L’économie sociale et solidaire, c’est la démocratisation de l’économie à partir d’engagements citoyens

Les principes de l’Économie Sociale et Solidaire

Après le passage et la mise en application de la Loi de l’ESS, il est possible d’affirmer aujourd’hui qu’un autre système économique est possible, voire souhaitable. Les principes de ce système sont basés sur l’échange, la solidarité, l’égalité, la réciprocité et l’équité. Sa forme d’organisation alternative replace l’Humain au cœur de l’économie. L’objectif recherché est bien d’aboutir à une transformation sociale par la démocratisation de l’initiative économique et la valorisation des réseaux locaux. Ainsi, en remettant l’Homme au centre des échanges, des besoins fondamentaux jusqu’ici pas, ou peu, remplis peuvent trouver des débouchés appréciables pour l’ensemble des populations.

Forts de leurs expériences, les membres du PILES (Pôles d’Initiatives Locales d’Économie Solidaire) de la Région PACA ont constitué un « Guide pratique de l’économie solidaire » intitulé Accompagner le développement de l’économie solidaire sur les territoires. Nous livrons ici quelques grandes lignes de ce guide que vous pouvez trouver en pdf.

Une économie « partagée »

Commençons par dire que c’est une économie « partagée » dans la mesure où, l' »hybridation » de ressources contribue à des échanges économiques différents, où l’usager est peut-être aussi un bénévole, où l’on recherche la coopération avec des partenaires qui, dans l’économie de marché, sont des concurrents. Les flux financiers ne constituent qu’un mode d’échange, et laissent l’homme au centre des préoccupations. Nous reprenons ici le schéma de Jean-Louis Laville présent dans le guide.

Hybridation des ressources de l'économie sociale et solidaire - PILESSi ce système fonctionne, c’est avant tout parce que c’est une économie qui a du sens, et qui est basée sur des pratiques démocratiques. La coopération, qui anime toutes entreprises de l’ESS, permet de lutter efficacement contre l’isolement social, économique, culturel, etc., que l’on soit une PME/TPE ou toute autre structure, une femme ou un homme, voire des habitants d’un même quartier. L’entreprise de l’économie sociale et solidaire tisse des liens, entretient des réseaux ce qui est « une forme de regroupement et de maillage entre des individus et des acteurs qui se reconnaissent autour d’une identité et de valeurs communes. »

L’important est de faire le lien. [Les] réseaux sont des forces de propositions opérationnelles qui construisent la confiance sur la pratique.

Des pratiques démocratiques

 Indicateurs de la démarche de l'ESSLes entreprises de l’économie solidaire sont des initiatives entièrement basées sur des pratiques démocratiques. Il s’agit de recréer un mode de gouvernance collectif et participatif. Pour cela, la liberté d’adhésion, la non-lucrativité individuelle et l’équité sont mis en avant. En cela, elles ne cherchent pas à tout prix le profit en tant que seul objectif, mais plutôt le développement des individus et de la collectivité. Les buts poursuivis sont donc sociaux, axés sur le développement local, la réinsertion et l’inclusion sociale.

Comme le souligne le PILES, « entreprendre dans une démarche d’économie solidaire implique une posture d’auto-évaluation, d’interrogation et d’amélioration des pratiques. » En cela, elle induit une responsabilisation collective et citoyenne. C’est donc une économie au service d’un projet de société. Pour cela, il est important de comprendre les avantages du partage et de la circulation des informations, rendus possibles par des outils internet participatifs.

La décision collective dépasse la somme des décisions individuelles.

Comme stipulé dans le Guide : « il s’agit d’une dynamique de coopération et de construction démocratique qui permet une appropriation de la structure par toutes et tous. La recherche d’implication des participants et le partage des responsabilités dans le portage du projet s’inscrivent dans une alternative aux formes de structuration hiérarchique. Source d’émancipation et d’autonomie des publics, cette démarche est enracinée dans les valeurs d’éducation populaire. »

Des micro-espaces publics de concertation

Les entreprises de l’économie sociale et solidaire peuvent être perçues comme des sortes d’espaces de co-construction de l’intérêt général au fonctionnement interne participatif. Les « parties prenantes », qui remplacent les capitalistes, recherchent ensemble des solutions à des situations vécues par tous comme étant insatisfaisantes. Le faire-ensemble tend donc vers un but précis : trouver une issue possible pour améliorer les conditions du vivre ensemble.

Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin

Dans ce type de démarche, l’argent est un outil mis au service de l’intérêt général, car l’économie solidaire c’est avant tout construire et inventer des réponses à des besoins fondamentaux. Les bénéfices sont évidemment sociaux et humains – ce qui n’empêche nullement les bénéfices en argent sonnant et trébuchant – car ils portent sur l’amélioration de la qualité de vie des habitants, le développement du territoire, etc. C’est donc une économie de l’utilité sociale, qui demande la participation et la collaboration de tous les utilisateurs et usagers. Les projets favorisent donc l’implantation des activités socialement utiles sur un territoire donné.

Car une entreprise relevant de l’économie sociale et solidaire est une structure locale qui répond à des besoins spécifiques liés au territoire. Elle favorise donc la dynamisation du maillage économique du territoire et accroît son attractivité.

Sources : Guide pratique de l’économie solidaire – PILES

Le MES, la BDIS et la Loi

Une base de données des initiatives économiques et solidaires

Un projet porté par le MES

Initialement développé en PACA avec avec l’APEAS (Agence Provençale pour une Économie Alternative et Solidaire), le projet BDIS a une portée nationale, et extra-nationale.

Véritable moteur de recherche thématique et géographique, la BDIS permet de retrouver les initiatives solidaires, prés de chez vous en un clic. Jusqu’à aujourd’hui, plus de 1 200 initiatives sont présentées sur cet annuaire.

La BDISLes objectifs sont de promouvoir l’économie sociale et solidaire dans sa diversité, de construire un référentiel commun de l’économie solidaire, de favoriser le développement et la structuration des réseaux, de relier des acteurs ensemble sur des thématiques ou des projets communs, d’être un outil à la disposition des acteurs régionaux et nationaux de l’économie solidaire.

Pour ce faire, elle recense les initiatives répondant aux valeurs et appliquant les principes de l’économie sociale et solidaire explicités dans la Charte de la BDIS. Aussi elle comprend une grande diversité de statuts, de secteurs d’activité et de démarches.

Sur le site du Mouvement pour l’économie solidaire (http://www.le-mes.org) vous pouvez trouver un « Questionnaire sur les outils collaboratifs de votre organisation », ainsi que la liste des interlocuteurs régionaux pour la PACA, l’Ile de France et Midi-Pyrénées. A terme, le MES souhaite essaimer dans d’autres Région françaises.

La Loi de l’ESS

Dernièrement, le MES a adressé aux sénatrices et sénateurs une proposition en vu du passage au Sénat (6 et 7 novembre 2014) du projet de loi sur l’économie sociale et solidaire. En substance, il a été proposé trois amendements pour la reconnaissance et la structuration de ce modèle économique au service de l’humain et de l’environnement qu’est l’Économie sociale et solidaire. Il s’agit de points primordiaux pour son développement et son changement d’échelle, à savoir : Inscrire la dimension citoyenne de l’ESS dans la définition des acteurs de l’ESS ; Affirmer la place des politiques territoriales de développement de l’ESS ;  Reconnaître la diversité des réseaux territoriaux, nécessaire pour animer l’ESS dans toutes ses composantes.

Définitivement adoptée le 21 juillet 2014 à l’Assemblée nationale, la loi Économie sociale et solidaire (ESS) a été promulguée le 31 juillet et publiée au Journal officiel le 1er août 2014. C’est ainsi 10% du PIB et plus de 2,3 millions de salariés, réunis par des valeurs communes, qui voient leurs moyens de développement renforcés.

La loi est entrée en vigueur le 2 août 2014. Ses objectifs sont :

  1. Reconnaître l’Économie sociale et solidaire comme un mode d’entreprendre innovant et durable, et aussi orienter davantage de financements, publics et privés, en direction de ces entreprises, notamment avec le concours de bpifrance ;
  2. Consolider le réseau des acteurs de l’ESS pour inscrire leur dynamique dans la durée ;
  3. Redonner du pouvoir d’agir aux salariés, notamment en leur reconnaissant le droit d’être informés préalablement à la vente de leur entreprise et de la reprendre sous forme de société coopérative et participative (SCOP) sans acquérir immédiatement de la majorité du capital ;
  4. Provoquer un choc coopératif, pour qu’au sein notamment des sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC) et des coopératives d’activité et d’emploi (CAE), salariés, producteurs, usagers, collectivités locales et entrepreneurs-salariés unissent leur force pour créer de l’emploi ;
  5. Renforcer les politiques de développement local durable et les initiatives des acteurs locaux, pour encourager les emplois non délocalisables dans les territoires.

Toutes les informations sur le site http://www.le-mes.org

Téléchargez la plaquette de présentation de la BDIS